Imprimer

Resister

Au moment de présenter ses voeux pour la nouvelle année, les mots prennent soudain un poids que la force de l’habitude et des conventions ne leur donnait pas vraiment. Les meilleures intentions pour 2015 s’étaient tout de suite fracassées sur les meurtres de Charlie-Hebdo et de l’Hyper-Casher. Bayard, bien que fort éloigné de la philosophie de ce magazine, s’était doublement senti concerné. D’abord parce que certaines des victimes étaient ou avaient été aussi des collaborateurs de l’entreprise. Ensuite, parce qu’il avait fallu s’habituer à passer entre des policiers armés pour venir travailler. Puis ceux-ci étaient partis et, peu à peu, la tension était retombée dans le pays, où l’on vaquait de nouveau aux affaires courantes.

Les attentats du 13 novembre nous ont brutalement ramenés à la réalité de janvier. Pire, une réalité démultipliée ar la volonté de faire autant de victimes que possible. Sans même le faux prétexte de vouloir se venger de titres ou de dessins ressentis comme blasphématoires. La charge de présenter ses voeux pour l’année qui vient prend, dans ce contexte tragique, un caractère plutôt irréel. Ces dernières semaines pourtant, les Français ont montré que “la” réponse qu’ils pouvaient opposer à ceux qui voulaient les “terroriser” était justement de vivre normalement. Au moins de s’y efforcer.

Chers amis, c’est ce que le conseil d’administration de notre Amicale et son président se proposent de faire en vous souhaitant une bonne année 2016. Que cette année de retraite soit paisible et active. Aussi heureuse que possible. Et que devant les difficultés qui nous attendent, des menaces sur nos retraites aux incidents de santé toujours possibles, nous restions plus que jamais proches et solidaires.

Yves Pitette

 

► Catégorie : Numéro 73